La Coalition Avenir Québec (CAQ) a obtenu sa deuxième victoire consécutive sous la direction de François Legault.

La CAQ a été désignée parti gagnant seulement onze minutes après la fermeture des bureaux de vote. Le parti a fait des gains importants cette élection, augmentant le nombre de sièges qu’il détient à l’Assemblée nationale du Québec de 76 à 90. Il s’agit du gouvernement majoritaire le plus fort que le Québec ait eu depuis la victoire des libéraux en 1989. Les partis au Québec n’ont besoin que de 63 sièges pour assurer un victoire majoritaire.

La CAQ a été fondée en 2011 et se présente comme le parti idéal pour bâtir l’économie de la province, améliorer le système de santé et protéger le rayonnement de la langue française au Québec.

De plus, l’immigration a été un sujet largement débattu cette élection en tant que composante principale de la réduction de la pénurie de main-d’œuvre actuelle au Québec. Comme dans le reste du Canada, la population du Québec vieillit et le taux de natalité est faible, ce qui entraîne d’importants écarts dans la main-d’œuvre provinciale.

Réformes de l’immigration au cours du dernier mandat

L’immigration est une responsabilité partagée entre les gouvernements fédéral et provinciaux. Cependant, le Québec est la seule province au Canada qui a un contrôle complet sur la sélection des immigrants économiques. Au cours des quatre dernières années, la CAQ a priorisé les immigrants des pays francophones afin de maintenir le statut culturel unique du Québec au sein du Canada en tant que seule province francophone.

Chaque année, le Québec publie son propre Plan des niveaux d’immigration qui fixera la cible du nombre de nouveaux immigrants que la province est prête à inviter. Le plan 2022 prévoit entre 49 500 et 52 200 immigrés toutes catégories confondues.

Avec une cible maximale de 33 900, la catégorie économique représente la plus grande proportion de nouveaux arrivants. Dans cette catégorie, la province s’attend à accueillir jusqu’à 28 800 travailleurs qualifiés et jusqu’à 4 300 gens d’affaires immigrants, ce qui comprendrait des investisseurs, des entrepreneurs et des travailleurs autonomes.

Changer les cibles d’immigration

De plus, à titre de mesure temporaire pour compenser le fait de ne pas avoir atteint les objectifs de 2020, en raison de la pandémie de COVID-19, la province s’est engagée à admettre 18 000 immigrants supplémentaires cette année . Cela signifie que d’ici la fin de 2022, le Québec pourrait accueillir plus de 70 000 nouveaux arrivants.

Il s’agit d’un changement radical par rapport au plan des niveaux d’immigration 2019 de la CAQ dans lequel les cibles ont été réduites de 20 % pour améliorer la sélection et la francisation des nouveaux arrivants au Québec.

Depuis que la CAQ a abaissé ses cibles d’admission, le gouvernement du Québec a mis l’accent sur l’intégration et la francisation de tous les nouveaux résidents permanents en réalisant d’importants investissements dans ce domaine. Par exemple, le budget de 2022-2023 cite des investissements de 290 millions de dollars pour accroître le soutien aux immigrants pour apprendre le français, attirer des immigrants dans les régions à l’extérieur de Montréal et accélérer le traitement des demandes d’immigration.

Réformes de l’immigration à venir

Legault s’est engagé à n’autoriser que 50 000 nouveaux arrivants au Québec par année tout au long de son mandat. Il dit que c’est le plus grand nombre d’immigrants que le Québec peut accueillir car il est difficile d’intégrer les nouveaux arrivants dans la société québécoise, en particulier ceux qui ont besoin d’apprendre le français. L’un des principaux piliers du parti CAQ est de protéger la langue française au Québec.

La CAQ prône également le contrôle de la sélection des immigrants de la catégorie du regroupement familial, qui représentent 11 000 des immigrants que le Québec envisage d’admettre. Actuellement, le gouvernement fédéral décide qui peut immigrer en tant qu’immigrant de la catégorie du regroupement familial et a refusé d’accorder ce pouvoir au Québec.

Plus tôt cette année, la CAQ a déposé le projet de loi 96, une loi qui limite l’utilisation de l’anglais dans les tribunaux et les services publics au Québec. Le projet de loi a fait l’objet de critiques en raison d’une clause stipulant que les nouveaux arrivants au Québec ne peuvent accéder aux services publics, tels que les hôpitaux, qu’en anglais pendant six mois après leur arrivée dans la province.

Le projet de loi est actuellement débattu devant les tribunaux.